Comment sont sélectionnés les orateurs de Paris Web ?

La question que vous vous posez tous, mais que vous n'osiez pas poser, persuadés que nous étions trop occupés pour vous répondre. Mais la maison ne recule devant aucun sacrifice !

Olivier écrivait l'année dernière « Comment sont sélectionnés les orateurs de Paris-web ? » :

Un texte rapidement écrit par mes soins pour servir d'introduction de la page orateurs du site de Paris-web, mais qui finalement ne servira pas. C'était dommage de le perdre...

Paris-Web s'est constitué autour d'une passion, pour le beau web, beau code, beau design, beau quel que soit l'outil utilisé pour le regarder.

Et autour d'une frustration, frustration de ne pas avoir en France de lieu où discuter du beau web, de ne pas avoir un temps d'émulation entre professionnels, de temps de foisonnement d'idée, de temps de prise de recul sur nos pratiques et sur nos connaissances.

C'est à partir de ces deux points de départ que chaque année, nous choisissons, parmi les propositions qui nous sont envoyées, les orateurs les plus à même d'alimenter cette passion et de transcender cette frustration.

Alors oui, Olivier a complètement raison.

La première année, personne ne connaissait Paris Web, et pour cause. Les orateurs ne sont donc pas venus se proposer, nous avions établi une liste, un genre de dream team de la conférence francophone idéale à laquelle nous aurions aimé assister.

Contre toute attente, nous avons eu tous les orateurs de cette liste, sauf problèmes techniques inévitables. En tout cas l'extrême surprise de nous voir confortés dans l'idée que c'était une bonne initiative.

À partir de la deuxième année, nous avons commencé à recevoir des propositions, puis monté la journée ateliers, bref pris du poids. Cependant la liste était suffisamment courte pour que nous ne mettions pas en place de processus « sérieux » de sélection des orateurs.

Sautons trois ans plus loin, nous voilà à Paris Web 2010 qui se précise. Vous voilà à une ligne d'entrer dans les coulisses 1.

Il y a trois grands types d'orateurs :

  1. ceux que nous souhaitons voir absolument, que nous invitons d'avance. Ceux-là font l'objet d'une discussion préliminaire sur le mode « tiens, et si Untel venait cette année ? »
  2. ceux qui sont déjà venus, que nous invitons l'année suivant leur prestation, pour qui la pression de proposer une conférence est plus relative
  3. les nouveaux, soit que nous connaissons, soit qui viennent pour la première fois (on est très, très ouverts).

Cette année nous avons eu plus de 60 propositions de conférences, et j'oublie le nombre de propositions d'ateliers et de mini-conférences 2. Comment départager tout ça, surtout si l'on considère que la plupart des propositions ne sont pas farfelues ?

Certaines conférences font voter le public pour choisir les conférences, mais nous pensons que si l'on veut équilibrer les conférences entre plusieurs dominantes 3 il faut arbitrer dans l'équipe elle-même. Nous avons donc opté pour un système de vote.

Chaque membre de l'équipe a donc eu le loisir de voter pour toutes les propositions que nous avons reçues, et la moyenne pour chaque proposition (ainsi que son écart-type 4) nous permet d'extraire les conférences qui constituent le corpus de cette année.

Ensuite nous procédons évidemment à des ajustements : pas trop d'anglophones pour respecter le fondement francophone de la conférence ; choisir les orateurs qui ont eu plusieurs bonnes notes mais qui ne feront au final qu'une seule conférence ; réflexion de fond sur l'orientation à donner à la conférence, qui parfois nous font repêcher un orateur qui a pu avoir une note qui ne le prédisposait pas à la shortlist.

En parallèle, il faut prévoir un planning pour retenir autant d'orateurs que de créneaux (ça va de soi mais quand même), sans compter que d'une année à l'autre on ajuste le tir sur l'organisation globale : faut-il conserver telle table ronde ? Faut-il décaler telle pause ? Avons-nous assez de temps pour manger ? Avons nous trop de temps pour manger ? Etc.

Le résultat de tout ça est en cours de finalisation et sera en ligne très bientôt. Pour le reste, vous verrez bien à ce moment-là, n'insistez pas, non-non-non je ne vous dirai rien.

Bref, voilà, nos lecteurs survoltés 5 nous demandent de vous expliquer tout ça, c'est chose faite. Des questions ? Oui, là-bas, au fond de l'amphi ? Ah pardon, pas encore. Rendez-vous en octobre.

Notes

1. C'est quand même hyper excitant comme entrée en matière, non ? J'envisage une reconversion comme animateur télé si Cyril Hanouna prend sa retraite.

2. Je n'irai pas chercher maintenant, mais croyez-moi sur parole.

3. Jusque-là ç'a été un peu d'accessibilité, un peu de technique, un peu de design, un peu de qualité, un peu de prospective, un peu d'expérience utilisateur, une pincée de paprika et un zeste de citron. Servir complètement frappé, ivresse garantie pendant trois jours.

4. Pourquoi l'écart-type ? Parce que nous sommes des fous furieux (d'une part) et que quand même, on ne fait pas ça tous les jours. C'est donc un très bon moyen de draguer en société que de dire avec aplomb « Moi, aujourd'hui, j'ai fait un écart-type pour estimer la dispersion des notes dans un tableur ». Ah, on me dit dans l'oreillette que finalement non.

5. En langage de blogueur influent, « nos lecteurs » ça veut dire « un mec, un jour ». Toi aussi apprends à décoder les médias. Après tout, les mots sont importants.